Lundi 9 juin 2008
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Abû al-Fath Muhammad Ibn al-Bâqî, suivant une chaîne de garants remontant à Asîd Ibn Jâbir, a dit :
« Muhdath se trouvait à Kûfa. Il nous tenait au courant de certains faits. Quand il eut fini, les gens se dispersèrent, sauf un groupe dont faisait partie un homme qui tenait des propos que
personne avant lui n'avait tenus. Je l'ai aimé pour cette raison. Mais ensuite, je l'ai perdu de vue.
J'ai demandé à de mes amis s'il connaissait un homme qui était dans notre assemblée ; il était comme ceci et comme cela. Un homme répondit qu'il le connaissait.
- C'est, dit-il, Uways al-Qarnî.
- Sais-tu où il habite ?
- Oui, me répondit-il.
Je suis parti avec lui. Arrivant chez lui, j'ai frappé à sa porte. Il sortit. Je lui ai dit alors :
- Qu'est-ce qui te retient ici ?
- La nudité, me dit-il.
Ses compagnons se moquaient de lui. Je lui ai dit :
- Prends ce vêtement et porte-le.
- Ne fais pas ça : ils me feraient du mal s'ils le voyaient sur moi.
Ayant insisté, il finit par porter ce que je lui ai donné et sortit. Les gens, en le voyant, dirent avec ironie :
- Regardez-le avec ce manteau !
Il revint et l'enleva et me dit :
- Tu as bien vu ?
Asid dit qu'il revint vers l'assemblée. Il dit aux gens qui s' trouvaient :
- Que voulez-vous à cet homme ? Vous lui causez du tort. L'homme est parfois sans effets sur lui mais d'autres fois, il porte des vêtements.
Je les ai tancés vertement.
Des gens de Kûfa se rendirent en délégation chez 'Umar. Il y avait parmi un homme de ceux qui se moquaient de Uways. `Umar dit :
- Y a-t-il parmi vous des Qarniyyûn ? Cet homme s'avança. `Umar dit alors :
- L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et paix - a dit : "Un homme, nommé Uways, vous viendra d Yémen. Il n'aura que sa mère. Il aura une marque blanche." Il invoqua Dieu en sa
faveur et lui fit envoyer des dinars ou des dirhams et dit : "Que celui qui le verra, lui transmette mon salut."
Uways s'approcha de nous. Je lui ai demandé :
- D'où viens-tu ?
- Du Yémen, me répondit-il ?
- Quel est ton nom ?
- Uways.
- Qui as-tu laissé derrière toi ?
- Une mère.
- As-tu quelque chose en toi que je puisse, avec l'aide de Dieu, tirer au clair ?
- Que si !
- Demande pardon à Dieu pour moi.
- Est-ce que quelqu'un comme moi demande pardon à Dieu à une personne comme toi, ô Emir des croyants ?
- Tu es mon frère. Tu ne te sépareras pas de moi.
Lui dit-il après qu'il a accepté de demander pardon pour lui. Je le perdis de vue. J'ai appris qu'il s'était rendu à Kûfa.
L'homme, qui avait pour habitude de se moquer de lui et de le dédaigner, dit :
- Il n'est pas parmi nous et nous ne le connaissons pas.
- C'est un homme qui est fait comme ceci et comme cela, dit 'Umar.
- Il y a parmi nous un homme qui s'appelle Uways et que nous avons l'habitude de plaisanter.
- Amenez-le moi.
Le plaisantin se rendit chez Awyas. Avant même qu'il ne lui parle, Uways lui dit :
- Cela n'est pas dans tes habitudes. Qu'est-ce qui se passe ? - J'ai entendu 'Umar dire ceci et cela. Pardonne-moi, ô Uways.
- Je ne le ferai pas avant que tu ne me promettes que tu ne te moqueras plus de moi à l'avenir, et que tu n'informeras personne de ce qu'a dit 'Umar à mon sujet.
C'est alors qu'il lui pardonna. »
Asîd dit : « Quelque temps après l'affaire d'Uways se répandit à Kûfa, je dis :
- O mon frère ! Il y a en toi des choses merveilleuses que nous ne connaissions pas.
- Il n'y a rien en moi qui puisse être rapporté aux gens. Toute personne ne sera récompensée qu'en fonction de ses oeuvres.
Abû al-Qâsam dit que ce récit fut rapporté par Muslim d'après Zuhayr lequel le tien de Abû an-Nadr. »
Par Salam
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Publié dans : Siddi Uways al-Qarnî
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Le cheikh Abû al-Fadl, suivant une chaîne de garants remontant à `Alqama Ibn Murthid, a rapporté un témoignage sur l'ascétisme de huit personnes de la deuxième génération de Musulmans (at-tabi`i'n)
dont Uways al-Qarnî.
Il a dit :
« Les membres de la famille d'Uways crurent que celui-ci était fou. Ils lui construisirent une chambre
au seuil de leur maison. Des années passèrent sans qu'ils voient son visage. Sa nourriture, il la prenait du produit des noyaux de dattes qu'il vendait le soir. S'il trouvait une datte de
mauvaise qualité, il la conservait pour s'en alimenter.
Lorsque 'Umar Ibn al-Khattâb - que la grâce de Dieu soit sur lui - devint calife, il dit
:
-O vous les gens ! Levez-vous.
Ils firent ce qu'il demanda. Puis, il dit :
-Asseyez-vous sauf ceux qui habitent à Kûfa.
Tous s'assirent, à l'exception d'un seul qui était l'oncle paternel de Uways Ibn Anîs. 'Umar dit
:
-Renseigne-moi.
-Au sujet de quoi ?
-Connais-tu Uways ?
-Pourquoi demandes-tu après lui, ô Emir des croyants ? Par Dieu ! Il n'y a
pas parmi nous un homme aussi idiot que lui et aussi tordu que lui.
- J'ai entendu l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - dit 'Umar en pleurant, dire
qu'il entrera au Paradis avec son intercession, comme Rabi' et Mudirra. »
Haram Ibn Hayyân a dit :
« Lorsque cette nouvelle me parvint, je me suis rendu à Kûfa. Je n'avais d'autre souci que: demander après
Uways. Je l'ai trouvé, assis au bord de: l'Euphrate, en train de faire ses petites ablutions. Je l'ai reconnu d'après la description qui m'a été faite de lui.
C'était homme grassouillet et de peau noire. Il avait la tête rasée. physionomie était imposante. Je
l'ai salué et il m'a rendu le salut. Il me regarda. Je lui ai tendu ma main pour serrer la' sienne. Il refusa de me serrer la main.
Je lui ai dit:
-Que Dieu t'ait en Sa miséricorde !
Puis, les larmes m'étouffèrent à cause de l'amour et de Ia compassion que j'éprouvais pour lui. Le
voyant dans l'état o' il se trouvait, j'ai pleuré et il pleura en même temps que moi. Il me dit :
-Que Dieu te garde en vie, ô Haram Ibn Hayyân ! Comment se fait-il, ô mon frère, que tu sois dans cet état
à cause de moi ?
-C'est par Dieu, le Puissant, le Majestueux.
-Il n'y a de divinité que Dieu. Quand notre Seigneur, le Glorieux promet une chose, elle se réalise
inévitablement.
-Comment connais-tu mon nom et celui de mon père alors que je ne t'ai jamais vu avant ce jour et que tu ne
m'as jamais vu ?
-C'est le Connaissant, l'Informé, qui me l'a appris. Mon âme a reconnu la tienne aussitôt que mon esprit a
parlé au tien. C'est que les âmes ont des esprits comme les corps. Les croyants se reconnaissent mutuellement et ils s'aiment les uns les autres en Dieu, le Puissant, le Majestueux, même s'ils ne
se rencontrent pas et ne se connaissent pas, et que les endroits où ils se trouvent sont éloignés.
-Que Dieu t'ait en Sa miséricorde, parle-moi de l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et la
paix.
- Je ne suis pas un contemporain de l'Envoyé de Dieu -que Dieu lui accorde la grâce et la paix. Je n'ai
donc pas eu l'occasion d'être en sa compagnie, ni lui de la mienne. Mais j'ai rencontré des hommes qui l'ont connu. Je n'aime pas ouvrir la discussion à ce sujet, ni en faire la narration, ni en
donner des avis juridiques. Je n'ai pas à me préoccuper des gens.
-Ô mon frère ! Lis-moi alors des versets du Livre de Dieu afin que je les entende de toi et donne-moi un
conseil que j'apprendrai de toi. Je t'aime en Dieu.
-Je demande refuge, dit-il en me prenant la main, auprès de l'Entendant, le Connaissant, contre Satan le
lapidé. Mon seigneur, Béni et Très Haut, a dit, et la plus vraie des paroles est celle de mon Seigneur et le plus authentique discours est celui de mon Seigneur.
Il récita : "Ce n'est pas par jeu que Nous avons créé le ciel et la
terre et ce qui est entre eux... "
Jusqu'à la fin du verset : "Il est le Puissant, le
Miséricordieux."
Il se mit à sangloter fortement. Je l'ai regardé pensant qu'il s'était évanoui. Puis, il dit :
-Ô Ibn Hayyân ! Ton père Hayyân est mort et toi tu es sur le point de mourir. On ne sait pas si ton refuge
sera le Paradis ou l'Enfer. Ton père Adam est mort. Ta mère Eve est morte. Ô Ibn Hayyân, Noé, l'envoyé de Dieu, est mort. Abraham, l'ami intime du Miséricordieux, est mort. Moïse, qui parla au
Miséricordieux, est mort. David, le calife du Miséricordieux, est mort. Muhammad - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - est mort. Abû Bakr, le calife de l'Envoyé de Dieu - que Dieu lui
accorde la grâce et la paix - est mort. 'Umar Ibn alKattâb, mon frère et mon ami, est mort.
-Que Dieu t'ait en Sa miséricorde l'Umar n'est pas mort.
-Que non ! Mon Seigneur m'a annoncé sa mort, comme Il m'a annoncé ma mort et la tienne.
Puis, il pria sur le Prophète - que Dieu lui accorde la grâc et la paix - et fit de brèves invocations.
Après quoi il dit :
- Le conseil que je te donne, c'est le Livre de Dieu. Les envoyés sont morts. Le meilleur des croyants est
mort. Il t'appartient de te souvenir de la mort. Que ton coeur ne se sépare pas, ne serait-ce que du coin de l'oeil. Mets en garde te gens si tu retournes vers eux. Donne ce conseil à toute la
communauté.
Prends garde de te séparer de la collectivité, tu te séparais de ta religion sans le savoir, et alors tu
entreras en Enfer. Invoque Dieu pour moi et pour toi. Seigneur il prétend qu'il m'aime en Toi, qu'il m'a rendu visite pour Toi fais-moi alors connaître son visage au Paradis et fais-le entrer
auprès de moi dans Ta maison, la Maison de la Paix. Sauve garde-le aussi longtemps qu'il restera vivant en ce monde. Facilite-lui ce qu'il y a en ce monde. Fais en sorte qu'il soit, de ce que Tu
lui as donné de Tes bienfaits, parmi les gens reconnaissants.
Récompense-le en bien. Que la paix soit sur toi ainsi que la Miséricorde de Dieu et Sa bénédiction. Je ne
te verrai plus après ce jour car je n'aime pas la renommée. La solitude est meilleure pour moi. Je suis souvent angoisse Aussi longtemps que tu seras vivant parmi les gens, ne les interroge pas sur
moi et ne leur demande pas après moi. Cependant, sache que tu resteras dans mon esprit, même si je ne te vois pas et que tu ne me vois pas.
Mentionne-moi et invoque Dieu pour moi. Quant à moi, je L'invoquerai pour toi et je te mentionnerai, si
Dieu veut. Maintenant, pars dans cette direction et moi je prendrai une autre. Je lui ai
demandé de marcher une heure avec lui mais il refusa. Je l'ai quitté en pleurant et lui aussi pleura. Je me mis à regarder ses pas jusqu'à ce qu'il entrât dans une certaine rangée
d'arbres.
Par la suite, je me suis renseigné à son sujet et j'ai demandé après lui. Mais je n'ai trouvé personne
pourm'informer de quoi que ce soit. Que Dieu l'ait en Sa Miséricorde et qu'Il lui pardonne. Une semaine ne s'est pas passée que je l'ai vu en rêve une ou deux fois. »
Par Salam
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