Siddi Uways al-Qarnî

Publié le par Salam



Abû al-Fath Muhammad Ibn al-Bâqî, suivant une chaîne de garants remontant à Asîd Ibn Jâbir, a dit :


« Muhdath se trouvait à Kûfa. Il nous tenait au courant de certains faits. Quand il eut fini, les gens se dispersèrent, sauf un groupe dont faisait partie un homme qui tenait des propos que personne avant lui n'avait tenus. Je l'ai aimé pour cette raison. Mais ensuite, je l'ai perdu de vue.

J'ai demandé à de mes amis s'il connaissait un homme qui était dans notre assemblée ; il était comme ceci et comme cela. Un homme répondit qu'il le connaissait.

- C'est, dit-il, Uways al-Qarnî.

- Sais-tu où il habite ?

- Oui, me répondit-il.

Je suis parti avec lui. Arrivant chez lui, j'ai frappé à sa porte. Il sortit. Je lui ai dit alors :

- Qu'est-ce qui te retient ici ?

- La nudité, me dit-il.

Ses compagnons se moquaient de lui. Je lui ai dit :

- Prends ce vêtement et porte-le.

- Ne fais pas ça : ils me feraient du mal s'ils le voyaient sur moi.

Ayant insisté, il finit par porter ce que je lui ai donné et sortit. Les gens, en le voyant, dirent avec ironie :

- Regardez-le avec ce manteau !

Il revint et l'enleva et me dit :

- Tu as bien vu ?

Asid dit qu'il revint vers l'assemblée. Il dit aux gens qui s' trouvaient :

- Que voulez-vous à cet homme ? Vous lui causez du tort. L'homme est parfois sans effets sur lui mais d'autres fois, il porte des vêtements.

Je les ai tancés vertement.

Des gens de Kûfa se rendirent en délégation chez 'Umar. Il y avait parmi un homme de ceux qui se moquaient de Uways. `Umar dit :

- Y a-t-il parmi vous des Qarniyyûn ? Cet homme s'avança. `Umar dit alors :

- L'Envoyé de Dieu - que Dieu lui accorde la grâce et paix - a dit : "Un homme, nommé Uways, vous viendra d Yémen. Il n'aura que sa mère. Il aura une marque blanche." Il invoqua Dieu en sa faveur et lui fit envoyer des dinars ou des dirhams et dit : "Que celui qui le verra, lui transmette mon salut."

Uways s'approcha de nous. Je lui ai demandé :

- D'où viens-tu ?

- Du Yémen, me répondit-il ?

- Quel est ton nom ?

- Uways.

- Qui as-tu laissé derrière toi ?

- Une mère.

- As-tu quelque chose en toi que je puisse, avec l'aide de Dieu, tirer au clair ?

- Que si !

- Demande pardon à Dieu pour moi.

- Est-ce que quelqu'un comme moi demande pardon à Dieu à une personne comme toi, ô Emir des croyants ?

- Tu es mon frère. Tu ne te sépareras pas de moi.

Lui dit-il après qu'il a accepté de demander pardon pour lui. Je le perdis de vue. J'ai appris qu'il s'était rendu à Kûfa.

L'homme, qui avait pour habitude de se moquer de lui et de le dédaigner, dit :

- Il n'est pas parmi nous et nous ne le connaissons pas.

- C'est un homme qui est fait comme ceci et comme cela, dit 'Umar.

- Il y a parmi nous un homme qui s'appelle Uways et que nous avons l'habitude de plaisanter.

- Amenez-le moi.

Le plaisantin se rendit chez Awyas. Avant même qu'il ne lui parle, Uways lui dit :

- Cela n'est pas dans tes habitudes. Qu'est-ce qui se passe ? - J'ai entendu 'Umar dire ceci et cela. Pardonne-moi, ô Uways.

- Je ne le ferai pas avant que tu ne me promettes que tu ne te moqueras plus de moi à l'avenir, et que tu n'informeras personne de ce qu'a dit 'Umar à mon sujet.

C'est alors qu'il lui pardonna. »

Asîd dit : « Quelque temps après l'affaire d'Uways se répandit à Kûfa, je dis :

- O mon frère ! Il y a en toi des choses merveilleuses que nous ne connaissions pas.

- Il n'y a rien en moi qui puisse être rapporté aux gens. Toute personne ne sera récompensée qu'en fonction de ses oeuvres.

Abû al-Qâsam dit que ce récit fut rapporté par Muslim d'après Zuhayr lequel le tien de Abû an-Nadr. »

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