Notre bien-aimé après sa mort

Publié le par Salam

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Kitab Ash-Chifa du Qadi 'Iyad .


Deuxième section

Sur la révérence pour le Prophète après sa mort

Sache que la révérence pour le Prophète son respect et sa vénération s'imposent comme de son vivant, notamment lorsqu'on le mentionne ou entend son nom, lorsqu'on évoque son hadîth, sa Sunna et sa conduite.

Il convient aussi de traiter avec honneurs les membres de sa famille et sa descendance et de vénérer les Gens de sa Maison et ses Compagnons. A ce propos, Abû Ibrahîm al-Tujibî dit que tout croyant est tenu, lorsqu'il le mentionne ou qu'on le mentionne en sa présence, de se soumettre et de se receuillir, d'adopter une attitude calme et respectueuse, de faire preuve de déférence à son égard (comme s'il se trouvait devant lui) et d'observer les bonnes règles de bienséance que Dieu a imposées. Telle était en tout cas la conduite de nos anciens pieux et de nos illustres maîtres - que Dieu soit satisfait d'eux - .

Al-qâdî Abû 'Abdullâh Mohammed Ibn 'Abdurrahmân , Abû-l-Qâsim Ahmad Ibn Baqy al-Hakîm ainsi que d'autres auteurs (parmis ceux qui m'ont autorisé à enseigné leurs oeuvres) nous ont rapporté, d'après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu'à Ibn Humayd qu'il a dit ceci :

Au cours d'un débat dans la mosquée de l'Envoyée d'Allah avec le prince des croyants, Abû Ja'far al-Mansûr , l'imâm Mâlik a dit :

Ô prince des croyants ! N'élève pas ta voix dans cette mosquée, car Allah a corrigé certaines personnes en disant : " Ô vous les croyants ! N'élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète. Ne lui adressez pas la parole à voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte que vos oeuvres ne soient vaines, sans vous en douter." (Coran XLIX-2)


Puis il a loué d'autres personnes en disant :" Quant à ceux qui baissent la voix en présence du Prophète d'Allah, voilà ceux dont Allah éprouve les coeurs pour y mettre sa crainte révérencielle. Ils obtiendront un pardon et une récompense sans limites." (Coran XLIX-3)


Il a blâmé d'autres en disant : "La plupart de ceux qui t'interpellent de l'extérieur de tes appartements privés ne comprennent pas." (Coran XLIX-4)

Or sa vénération maintenant est semblable à sa vénération de son vivant. Et Abû Ja'far acquiesça.

Lorsque son auditoire devint trop nombreux, on a proposé à l'Imâm Malik d'installer un répétiteur pour redire ses paroleset les faires ainsi parvenir à l'auditoire. Il a dit : Allah a dit : " Ô vous les croyants ! N'élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète..." (Coran XLIX-2) Or sa vénération est la même de son vivant et après sa mort.

Puis Abû Ja'far interrogea : Dois-je me mettre en direction de la qibla et faire mes invocations ou me mettre en face de l'Envoyé d'Allah ?

L'imâm Mâlik lui répondit : Pourquoi détournerais-tu ton visage de lui, alors qu'il est ta wasîla (médiation) et la wasîla de ton père Adam auprès d'Allah au Jour de la Résurrection ?

Tourne toi plutôt vers lui et implore son intercession et Allah te l'accordera. En effet Allah a dit : " ...Si ces gens qui se sont fait du tort à eux-mêmes venaient à toi en implorant le pardon d'Allah et si le Prophète demandait pardon pour eux, ils trouveraient sûrement Allah prêt à revenir vers eux et à leur faire miséricorde." (Coran IV-64)

Mâlik dit également, lorsqu'on interrogea sur Ayyub al-Sikh Tiyanî :

Il a accompli deux pélerinages au cours desquels il donna des scéances d'enseignement où il transmettait le hadîth. Je n'y assistais pas, néanmoins, j'ai remarquéque lorsqu'on mentionnait le Prophète , il pleurait par vénération pour lui au point que j'eus pitié de lui. Je me suis alors mis à recceuillir son enseignement et les hadîths qu'il transmettait.

De son côté, Mus'ab Ibn 'Abdullâh rapporte ce qui suit : Lorsqu'on mentionnait le Prophète l'imâm Mâlik changeait de couleuret s'agitait au point de gêner ceux qui faisaient partie d son auditoire. Comme on l'a un jour interrogeait à ce sujet, il a répondu : " Si vous aviez vu ce que j'ai vu, vous me comprendriez. J'ai vu Mohammed Ibn al-Munkadhir , qui était pourtant le maître de ceux qui récitaient le Coran, se mettre à pleurer dès que nous l'interrogions sur un hadîth jusqu'à ce que nous ayons pitié de lui.

J'ai vu également Ja'far ibn Mohamed al-Sâdiq , qui aimait pourtant plaisanter et sourire, devenir pâle lorsqu'on mentionnait le Prophète en sa présence et je ne l'ai jamais vu transmettre les hadîths de l'Envoyé d'Allah sans être en état de pureté. Je l'ai fréquenté un certain temps et il était toujours occupé par l'une des trois qualités suivantes : Il était soit en prière, soit silencieux, soit en train de réciter le Coran. Il ne parlait pas de ce qui ne le concernait pas et il faisait partie des savants et des dévots qui craingent Allah .

De même, lorsque 'Abdurrahmân Ibn al-Qâsim mentionnait le Prophète son teint devenait livide au point qu'on le croyait vidé de son sang, et sa langue devenait sèche dans sa bouche, par révérence pour l'Envoyé d'Allah .

Puis lorsqu'il m'arrivait de rendre visite à 'Abdullâh Ibn Az-Zubayr et que le Prophète était mentionné en sa présence, il pleurait jusqu'à ne plus avoir de larmes.

Quant à al-Zuhrî , qui était l'homme le plus affable et le plus acceuillant, lorsqu'on mentionnait le Prophète en sa présence, il ne reconnaissait plus personne. Il m'arrivait également de rendre visite à Safwân Ibn Sulaym , qui était parmi les dévots s'adonnant aux exercices spirituels. Or lorsqu'on mentionnait le Prophète il ne cessait de pleutait jusqu'à ce que les gens se lèvent et le quitte."

Par ailleurs, on rapporte que lorsque Qatâda entendait le hadîth, il se metait à crier et à se tourmenter.

Quant à Ibn Sîrîn , il lui arrivait de rire mais lorsqu'on mentionnait le Prophète il ordonnait le silenceà son auditoire et répétait le verset : " N'élevez pas la vois au-dessus de celle du Prophète..." en estimant qu'on devait l'écouter lors de la récitation de son hadîth comme on devait l'écouter s'il était présent.

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Publié dans Nur al Madina

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